Exposition L’oubliée du radeau de la Méduse

Du 17 novembre 2025 au 26 février 2026, s’est tenue au Service Historique de la Défense de Rochefort, une exposition mêlant les planches originales de L’oubliée du radeau de la Méduse et les documents d’archives liés au drame qui a profondément marqué l’histoire de la Charente Maritime mais aussi l’histoire de France. La catastrophe a également largement contribué au style romantique de la peinture française avec Théodore Géricault qui en fit une œuvre majeure et en inspirant Eugène Delacroix pour « La Liberté guidant le Peuple ».

Affiche réalisée pour l’exposition L’oubliée du radeau de la Méduse repoussée jusqu’au 26 février 2026
©Gilles Cazaux – Thierry Soufflard – Marabulles
©Service Historique de la Défense

L’exposition se situant dans un bâtiment militaire, il faut montrer patte blanche pour entrer en présentant une pièce d’identité, petite contrainte pour découvrir un lieu méconnu et une exposition destinée aux fans de bandes dessinées mais aussi aux passionnés d’Histoire.

La division Sud-Ouest du centre du réseau territorial du SHD se situe à Rochefort, ville qui s’est développée au XVIIe siècle par la volonté du roi Louis XIV et regroupe à ce jour :

  • 7 km linéaires d’archives, 600 titres de périodiques, 25 000 ouvrages et des Objets de patrimoine et de symbolique militaire.
  • Les fonds disponibles sont : Les fonds de l’intendance de la marine de Rochefort, les archives service de santé, les fonds de la direction locale des constructions navales et les archives de la justice maritime
Entrée exposition
©Service Historique de la Défense
  • Le Service historique de la Défense, anciennement Service historique de la Marine, occupe à Rochefort depuis 1986 la caserne Martrou. La division concentre une part importante de la mémoire de la marine de guerre française, dont le port et l’arsenal de Rochefort constituèrent une pièce maîtresse de la fin du XVIIe siècle au début du XXe siècle, tête d’une préfecture maritime couvrant la portion du littoral comprise entre la Vendée et la frontière avec l’Espagne.

Outre l’histoire maritime et navale, les fonds et collections de la division documentent des sujets variés, comme les techniques de construction, la navigation, la cartographie et les sciences (la médecine notamment, mais aussi la météorologie ou la botanique), les voyages d’exploration, le commerce des esclaves et la présence française outre-mer (en particulier au Canada, dans les Antilles, en Louisiane et en Guyane, de même qu’en Indochine française). Ils contiennent de très nombreux documents iconographiques.

Une fois la sonnette déclenchée en ouvrant la porte pour signaler notre présence, un escalier nous conduit au premier étage du bâtiment.

Face à nous une pièce où il est possible de consulter les archives maritimes de plusieurs siècles allant des côtes de Vendée aux côtes espagnoles. Cela représente tout de même 7 km de rayonnages, mais heureusement des archivistes sont là pour nous aider dans nos recherches.

Sur notre gauche, l’exposition s’offre à nous.

Deux salles, où des croquis, des story-board et des planches originales crayonnées et mises en couleurs de L’oubliée du radeau de la Méduse, sont exposés sur les murs. Au centre des pièces, des archives historiques originales liées à l’histoire du radeau de la Méduse.
©Service historique de la Défense
Le frontispice de l’édition originale reproduit sous la forme d’une estampe le plan du radeau de la Méduse « au moment de son abandon ». À l’origine, le radeau est construit dans l’espoir de soulager le navire du poids de ses marchandises et de lui permettre de se dégager du banc de sable.
Cet exemplaire de l’ouvrage porte la signature des auteurs.
©Service historique de la Défense
Planche originale de la page 16 de L’oubliée du radeau de la Méduse au moment de l’abandon définitif de la Méduse et qui marque le début de l’ignominie des uns et le courage des autres.
©Gilles Cazaux – Thierry Soufflard – Marabulles
Dans les années 60, Edmond de Rocher cherche également à reconstituer le parcours de navigation de la Méduse. En partant d’une carte de service hydrographique, il y reporte les points indiqués par Duroy de Chaumareys lors de son procès. On y voit donc la trajectoire qu’aurait suivi la Méduse avant de s’échouer. Celle des canots, celle de la corvette l’Echo, ainsi que la position du radeau, le 17 juillet 1816 au moment de son sauvetage par le brick l’Argus.

Le procès de Chaumareys établit qu’il a fait une erreur de navigation se rapportant peut-être à des cartes hydrographiques trop anciennes de la côte africaine. Le banc d’Arguin sur lequel s’abîme le navire est alors déjà connu des pilotes, et repéré sur les cartes récentes.
©Service historique de la Défense
Crayonné de la case 3, page 9, de L’oubliée du radeau de la Méduse sur laquelle les chaloupes se positionnent pour tracter un radeau de fortune bien trop lourd pour elles. ©Gilles Cazaux – Thierry Soufflard – Marabulles
Dans l’armée française, le grade d’aspirant se situe à la charnière entre le corps des sous-officiers et celui des officiers. Ce terme évocateur désigne un militaire en formation, en attente de cette promotion. Marin le plus gradé à bord du radeau de la Méduse, l’aspirant de première classe Coudein a 22 ans en 1816, lorsqu’il se trouve nommé à son commandement et dont il fut l’un des survivants.

Jean Daniel Coudein n’est pas évoqué dans L’Oubliée du radeau de la Méduse. Les auteurs ont fait le choix de mettre en avant le sous-lieutenant Victor Lorzach, dans une volonté de simplification parmi les nombreux personnages mis en scène.
©Service historique de la Défense
Planche originale page 50 de L’oubliée du radeau de la Méduse où l’on peut voir Lorzach appeler à résister dans la case 1
©Gilles Cazaux – Thierry Soufflard – Marabulles
Savigny est élevé à la qualité de Chevalier de l’Ordre de la Légion d’Honneur par décision du 1er mars 1831. Le diplôme rappelle sa qualité de naufragé de la Méduse. Par les hasards de l’histoire, cette pièce s’est retrouvée aux mains des descendants de Coudein, qui en ont fait don au Service Historique de la Défense en 2023.
©Service historique de la Défense
« Personal character » de Jean Baptiste Savigny
©Gilles Cazaux – Thierry Soufflard – Marabulles
Émigré pendant la révolution, Chaumareys ne sera gracié et réintégré à la Marine Royale qu’en 1815. La Méduse est son premier commandement après 25 années passées à terre. Dans cette lettre, il dit à sa fille toute sa confiance dans le succès de l’expédition.

« À huit heure je serai sous voile et si le temps continue nous ferons route pour le Sénégal à pleine voile, dans une heure je vais donner l’ordre de ma division de mettre les voiles, c’est donc tout de bon mes enfants que je vais montrer le pavillon du Roy sur les cotes d’Afrique, […] J’ai la certitude ministérielle que la Méduse est destinée à d’autres expéditions, bonheur et santé et tout ira bien. »
©Service historique de la Défense
Crayonné de la page 16 de L’oubliée du radeau de la Méduse où, comme le dit si bien Savigny, Duroy de Chaumarey se carapate.
©Gilles Cazaux – Thierry Soufflard – Marabulles
Le banc d’Arguin, immense îlot de sable au large de l’actuelle Mauritanie, est bien connu des navigateurs comme étant une zone à éviter. Le 02 juillet 1916, la Méduse s’y échoue brutalement en pleine journée, par beau temps, marée haute et dans moins de cinq mètres d’eau.

Dans les années 1960, Edmond de Rocher se passionne pour le sujet et s’efforce de reconstituer le déroulement de l’échouement. Il donne une localisation de l’épave et réalise des croquis qui n’ont guère été remis en cause depuis.
©Service historique de la Défense
Crayonné page 9 de L’oubliée du radeau de la Méduse sur laquelle on voit la méduse échouée sur le banc d’Arguin et les premières heures du drame inéluctable.
©Gilles Cazaux – Thierry Soufflard – Marabulles
Toute campagne navale nécessite la rédaction d’un rôle d’équipage, dans lequel figurent les noms des participants, la durée de leur embarquement et la solde qui doit leur être remise en conséquence.

Les rôles de bord, tenus sur les navires, permettent d’enregistrer les embarquements et débarquements au jour le jour. Les rôles de bureau sont tenus dans les ports d’armements et leur contenu est généralement moins complet, mais, en cas de perte du bâtiment comme ce fut le cas pour la Méduse, il demeure la seule source d’information valide.
Sur ce rôle d’équipage de bureau de la frégate la Méduse, sont inscrits au départ de Rochefort 168 marins (état major et équipage), 52 passagers, 10 artilleurs de marine, 168 militaires et 2 femmes de troupe : Elisabeth Delus, femme du caporal Hubert Celbas « morte dans le désert » et Marie Zaïde, femme du caporal Jean Nicolas « au Cap Vert ». Ces deux femmes étaient donc vraisemblablement sur les embarcations qui ont pu rallier la côte et non sur le radeau.

Rôle d’équipage de bureau du Brick L’Argus, 1816 qui accompagnait la Méduse au Sénégal avec 3 autres navires.
©Service historique de la Défense
Planche originale page 24 de L’oubliée du radeau de la Méduse qui met en évidence un nombre bien trop important de personnes pour un si petit radeau au milieu d’un si grand océan.
©Gilles Cazaux – Thierry Soufflard – Marabulles
Extrait du jugement du conseil de guerre maritime du 03 mars 1817.
Le capitaine de frégate Hugues Duroy de Chaumarey, commandant la frégate la Méduse, est arrêté après son retour en France et jugé par un conseil de guerre, tenu à bord du vaisseau amiral en rade de Rochefort (17), du 25 février au03 mars 1817. Ul est reconnu coupable de l’échouement de la frégate, de son abandon et de sa perte, ainsi que de l’abandon du radeau. Privé de ses décorations de chevaliers des ordres royaux de la Légion d’honneur et de Saint Louis, il est rayé des officiers de la Marine royale et condamné à trois ans de prison.
Ce type d’affichage destiné à l’espace public devient fréquent au début du XIXe siècle et revêt différentes fonctions. Dans le cas de l’affaire traumatisante de la Méduse, il permet d’informer des sanctions à l’égard du commandant de la Méduse, dans un contexte politique tendu.
©Service historique de la Défense
Vitrine dédiée aux personnages principaux de L’oubliée du radeau de la Méduse ©Gilles Cazaux – Thierry Soufflard – Marabulles
©Service Historique de la Défense
Personnal character Alexandre Corréard
©Gilles Cazaux – Thierry Soufflard – Marabulles
Personnal character Blanche
©Gilles Cazaux – Thierry Soufflard – Marabulles
crayonné non retenu pour l’album de L’oubliée du radeau de la Méduse
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planche préparatoire page 19 L’oubliée du radeau de la Méduse
©Gilles Cazaux – Thierry Soufflard – Marabulles
Planche 19 originale de L’oubliée du radeau de la Méduse
©Gilles Cazaux – Thierry Soufflard – Marabulles
Crayonné case 1 page 16 de L’oubliée du radeau de la Méduse
©Gilles Cazaux – Thierry Soufflard – Marabulles
Crayonné cases 2 et 3 page 16 de L’oubliée du radeau de la méduse
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Gilles Cazaux et Thierry Soufflard en dédicace de L’oubliée du radeau de la méduse au Service Historique de la défense de Rochefort (17)
Dédicace sur L’oubliée du Radeau de la Méduse par Gilles Cazaux et Thierry Soufflard

LE SERVICE HISTORIQUE DE LA DEFENSE, DES RESSOURCES OFFERTES ET ACCESSIBLES A TOUS :

La division du service historique de la défense de Rochefort propose régulièrement des expositions gratuites réalisées à partir des archives et des ouvrages anciens qu’elle conserve, et présente une sélection thématique de documents, hors les murs, au Musée national de la Marine de Rochefort.

Elle reçoit par ailleurs le cycle annuel de conférences du Centre d’études maritimes atlantiques (CERMA) et du Comité rochefortais de documentation historique de la Marine (CRDHM), auxquels elle apporte son soutien, et organise visites, ateliers et animations pour tous publics, en particulier lors de commémorations nationales et de grandes manifestations culturelles : journées européennes du patrimoine, journée internationale des archives…

Enfin, pour mieux faire découvrir et partager ses collections, la division travaille, en partenariat avec les acteurs institutionnels et associatifs locaux (à l’exemple de la Corderie royale – Centre international de la mer et de la Maison Pierre Loti) à la mise en valeur du patrimoine maritime de Rochefort et du littoral, et encourage la recherche en histoire maritime en collaborant avec les universités de La Rochelle, Poitiers, Bordeaux, Nantes, parmi les plus actives dans ce domaine.Adresse géographique

Adresse

4, rue du Port

17300 Rochefort

Horaires

Le  lundi : 13h30-17h00

Du  mardi au  vendredi : 9h00-12h30 / 13h30-17h00 (fermeture à 16h30 le vendredi)

Demande d’orientation

Téléphone : 05 46 87 74 90

Courriel : shd-rochefort.contact.fct@intradef.gouv.fr