Alix Senator tome 17 : Le Maître des masques
Nouvel album et nouveau cycle pour cette série spin off portée par Valérie Mangin et Thierry Démarez racontant les aventures d’un Alix cinquantenaire devenu sénateur de l’Empire Romain.

Après ses aventures dans le Grand Nord, Alix et ses compagnons sont rentrés à Rome. Alors que le sénateur commence à écrire ses mémoires, son fils Titus doit rejoindre son unité à Ostie. Il est enlevé avec ses frères d’arme et ils sont obligés de combattre dans une arène clandestine.

Gladiator
Il est difficile de faire preuve d’originalité dans une chronique sur un nouvel album d’Alix Senator. Le lecteur pourra de nouveau se rendre compte à quel point Valérie Mangin est une scénariste parfaite pour les bandes dessinées historiques, sa formation académique n’y étant pas pour rien.
Dans cet opus, l’autrice recentre son intrigue à Rome, autour de l’Empereur Auguste. Le lecteur découvrira Mécène, qui donnera son nom au mécénat c’est-à-dire le soutien d’un homme riche aux artistes, et retrouvera Livie qui continue de tirer les ficelles dans l’ombre. Le nouveau cycle semble d’ailleurs se diriger vers un affrontement entre Livie et Alix pour l’héritage du trône d’Auguste. L’histoire prend les accents d’une tragédie shakespearienne et d’un thriller hitchcockien. Difficile de choisir entre l’amitié et son devoir en même temps qu’est dévoilé celui qui se cache derrière le maître des masques du titre. Il s’ensuivra un jeu du chat et de la souris plutôt bien maîtrisé par Valérie Mangin.
Encore une fois, cet album ne révolutionnera rien dans la bande dessinée mais confirmera le credo de cette série : « classique mais efficace ».

Rigidité et couleurs ternes
Tout comme pour le scénario, il n’y a rien de nouveau à signaler pour l’aspect graphique de ce nouvel Alix Senator. Et même si Thierry Démarez est toujours aussi investi dans son travail de reconstitution et que certains décors de la Rome Antique sont très aboutis, ses personnages et son découpage restent rigides.
Cela pourrait être un avantage par rapport à la lisibilité de l’action mais il suffit d’essayer de comprendre l’enchaînement des événements lors d’une bagarre dans les rues de Rome pour se rendre compte que ce n’est pas le cas.

Quant aux couleurs de Jean-Jacques Chagnaud, si sur les deux derniers albums, les décors et l’atmosphère de l’histoire justifiaient le choix de couleurs froides, ici la gamme chromatique est plus chaude mais garde ce rendu terne et parfois franchement déplaisant.
En conclusion : Thierry Démarez et Jean-Jacques Chagnaud sont dans la continuité de leurs travaux précédents. Cela donne une structure raide et pâle qui a tendance à casser les émotions.

À l’ombre du Palatin
Imperturbable, la série Alix Senator continue d’avancer au rythme de ses aventures. Les auteurs se connaissent depuis longtemps et ont trouvé leurs styles. Le succès étant au rendez-vous, ils n’ont pas de raison de changer, l’air de dire : « avec nous, vous savez ce que vous aurez ». Et effectivement, le plat servi est peut-être un peu trop ou parfois pas assez salé mais il reste plutôt bon. Alors, le public continue de le savourer à l’ombre du Palatin.
Une chronique écrite par : Frédéric P.

Informations sur l’album :
- Scénario : Valérie Mangin d’après les personnages créés par Jacques Martin
- Dessins : Thierry Démarez
- Couleurs : Jean-Jacques Chagnaud
- Éditeur : Casterman
- Date de sortie : 20/05/2026
- Pagination : 48 pages en couleurs
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