Pousse
Mathieu Burniat (scénario) et Mélanie Allag (dessin et couleurs) narrent chez Dargaud l’histoire du jeune Pousse, dont le destin consiste à expier les fautes de son père, Edmond.

À peine né au sein d’une famille royale dans un univers médiévalisant, le petit Pousse joue de malchance. Son père Edmond revenant conquérant de la guerre, après avoir une fois de plus tout dévasté sur son passage, se voit maudit par l’Ogre de l’Onde. Celui-ci réclame le futur enfant, Pousse, mais lui accorde un répit : il accélère artificiellement sa croissance pour s’en emparer plus tôt. Sa mère, assez teigneuse de caractère, l’envoie rapidement faire face à son destin en le poussant à l’aventure, autrement dit à rejoindre l’Ogre de l’Onde et tuer celui-ci, sans rien pour l’aider !

Une chose est sûre, le jeune Pousse n’est pas très dégourdi mais heureusement, une rencontre fortuite avec Baba Yaga lui permettra de recevoir de la compagnie pour l’assister dans sa quête. Avec les lutins à corps de cafard Boit-sans-soif et Mange-sans-faim, il va partir à la rencontre de la créature qui menace son existence et l’affronter…

Tout ça à cause de son père !
Tout au long de la lecture de Pousse, les situations un brin comiques mais néanmoins tragiques font hésiter entre le rire et la crainte. Mathieu Burniat nous régale d’un personnage un peu mou, doté de peu de compétences, mais quand même courageux et qui fait ressentir une certaine tendresse. Il paraît d’autant plus touchant sachant le mauvais sort qu’il subit malgré lui et les parents grotesques qu’il a.

Du château vers la forêt et ensuite, le Royaume de l’Onde, un monde fantastique opposé à celui des humains, le lecteur profite des situations qui se présentent à Pousse et à ses compagnons, espérant qu’il sorte indemne de son cheminement. Il balance entre la sympathie pour lui, au regard de l’innocence dont il fait preuve, et la légitimité de la colère de l’ogre, bien décidé à faire payer les fautes du père.

Un jeune innocent qui fait de son mieux…
Mélanie Allag participe grandement à plonger les lecteurs dans le récit, par un dessin vibrant et coloré, où les cases ne sont pas marquées et où les éléments sont aquarellés de couleurs vives. La nature est très présente, bucolique, riante, en opposition aux vues d’une nature dévastée au retour de la guerre d’Edmond et de ses compagnons d’arme.

Les trognes des personnages participent parfaitement à l’effet comique de cette bande dessinée, notamment avec les grands yeux bleus innocents de Pousse, ses airs très expressifs tantôt fortement surpris ou effrayés. Qu’il s’agisse de l’Ogre de l’Onde, Baba Yaga, les deux lutins ou encore la geôlière à l’allure de pieuvre, chacun s’imprime définitivement dans l’imaginaire tant la dessinatrice y imprime un style bien à elle, oscillant à l’instar du scénario entre comique et effrayant.

Ce récit amène un angle intéressant où un jeune être innocent doit subir les conséquences des actions de son père avec très peu d’atouts et de soutien. Le jeune Pousse fait pourtant preuve de beaucoup de courage et c’est avec compassion mais aussi curiosité que le lecteur suivra les épreuves qu’il aura à traverser pour faire face à l’Ogre de l’Onde. L’intérêt de cette histoire résidera aussi dans le fait de comprendre également les intérêts du « méchant »…
Une chronique écrite par : Aurélie Dorchy
Informations sur l’album :
- Scénario : Mathieu Burniat
- Dessin : Mélanie Allag
- Couleurs : Mélanie Allag
- Éditeur : Dargaud
- Date de sortie : 02/10/2026
- Pagination : 96 pages en couleurs
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