Nouvelle adaptation littéraire chez Rue de Sèvres avec Juste après la vague de Dominique Monféry, d’après le roman éponyme de Sandrine Colette, l’une des reines du polar francophone. Apocalypse océanique et famille nombreuse sont au rendez-vous de ce one shot à la couverture très prometteuse.

Juste après la vague, Rue de Sèvres 2026 couverture

© Juste après la vague – Dominique Monféry – Rue de Sèvres, 2026

« Un volcan s’est effondré et puis la vague a déferlé sur le monde ». Une famille vit sur un tout petit coin de terre au-dessus de l’océan qui recouvre la planète. Mais l’eau continue de monter et la situation n’est pas viable. Alors, les parents décident qu’il est temps de partir, de tenter leur chance vers les terres hautes où se sont regroupés des survivants. Hélas, la barque est trop petite pour toute la famille et trois enfants sont abandonnés sur l’île, du moins le temps que le père puisse revenir les chercher. Louie, l’aîné, Perrine, qui a perdu l’usage d’un œil, et le petit Noé, au prénom plein d’ironie, vont devoir se débrouiller alors que le reste de la tribu affronte les éléments et les tragédies.

Juste après la vague, Rue de Sèvres 2026 planche

© Juste après la vague – Dominique Monféry – Rue de Sèvres, 2026

Le onze de départ

Après s’être fait une solide réputation dans le polar et le thriller, notamment avec Des Nœuds d’acier en 2013, Sandrine Colette s’éloigne de son style de prédilection pour publier en 2018 le roman post-apocalyptique Juste après la vague. Malgré ce changement d’ambiance, l’autrice traite tout de même son intrigue comme un thriller implacable et impitoyable, sombre, captivant et d’une intensité dramatique folle. De son côté, Dominique Monféry n’en est pas à sa première adaptation littéraire, puisque l’auteur a notamment déjà signé, chez Rue de Sèvres, celles de La Neige en deuil (Henri Troyat) et le fabuleux Le Serpent majuscule (Pierre Lemaître).

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© Juste après la vague – Dominique Monféry – Rue de Sèvres, 2026

Qui dit adaptation, dit modifications, et elles sont nombreuses, dans Juste après la vague. Si le roman présentait un couple avec trois enfants, tous anonymes, qui restaient dans leur foyer après la catastrophe qui ouvrait le livre, Dominique Monféry choisit une approche plus onirique. Patrick et Madie, les parents, ont… neuf enfants, dont la plupart est nommée dans l’album. Lorsqu’une partie de la famille quitte l’île, l’intrigue se sépare entre leur voyage périlleux et la survie des trois enfants restés à la maison. Des changements radicaux mais qui ne modifient finalement que peu les thèmes abordés par le roman, à savoir la solidarité, la peur, la force de la nature ou encore la perte de l’innocence.

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© Juste après la vague – Dominique Monféry – Rue de Sèvres, 2026

Waterworld

Les enjeux de Juste après la vague sont assez simples : survivre, sur mer ou sur terre. Alors que, généralement, dans les adaptations littéraires, les bédéastes ont tendance à supprimer des personnages, Dominique Monféry a fait le choix inverse. Bien sûr, impossible de présenter et développer les neuf enfants, le récit se centre ainsi sur les trois étant restés sur l’île, les autres, sur le bateau servant d’« outils dramatiques » dans des scènes vraiment marquantes. Si les parents sont relativement anecdotiques, le trio principal d’enfants est très émouvant, offrant les moments les plus touchants de l’album. Les passages en pleine mer font, quant à eux, la part belle à l’action et au grandiose. Ces deux arcs narratifs se complètent et s’enchaînent parfaitement, créant une tension permanente d’une grande efficacité.

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© Juste après la vague – Dominique Monféry – Rue de Sèvres, 2026

Que ce soit dans les scènes à bord du bateau, secoué par les vagues en furie, ou dans le quotidien de l’île, avec les jeux ou les craintes du trio, les planches de Dominique Monféry démontrent la grande maîtrise de l’artiste, même si quelques rares cases, au cœur de la tempête, manquent de lisibilité ; peut-être volontairement afin d’accentuer le chaos qui submerge les protagonistes. Des décors superbes aux personnages attachants et charismatiques, le trait du dessinateur est un plaisir permanent pour les yeux et les cauchemars de Louie sont de pures merveilles. Le travail des couleurs, à l’aquarelle, renforce encore les ambiances, à l’image de la somptueuse couverture de l’album.

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© Juste après la vague – Dominique Monféry – Rue de Sèvres, 2026

Malgré un final un peu abrupte, Juste après la vague est une réussite aussi bien narrative que graphique. Avec un récit dense à la tension permanente et des planches grandioses servies par une superbe colorisation, difficile de ne pas se noyer d’extase dans les cases de Dominique Monféry.

Une chronique écrite par : Cédric « Sedh » Sicard

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© Juste après la vague – Dominique Monféry – Rue de Sèvres, 2026

Informations sur l’album :

  • Scénario : Dominique Monféry, d’après le roman de Sandrine Colette
  • Dessin : Dominique Monféry
  • Couleurs : Dominique Monféry
  • Éditeur : Rue de Sèvres
  • Date de sortie : 21/01/2026
  • Pagination : 144 pages en couleurs
Juste après la vague, Rue de Sèvres 2026 planche 19

© Juste après la vague – Dominique Monféry – Rue de Sèvres, 2026

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