Ladies with guns tome 4
Anlor, Olivier Bocquet et Elivre De Cock retrouvent leur western féministe pour une « nouvelle saison » qui s’annonce toujours aussi pétaradante.

©Dargaud – Ladies with guns tome 4 – Anlor et Olivier Bocket
Les ladies se sont réfugiées dans une petite ferme perdue en plein milieu d’une plaine. Un soir, trois chasseurs de prime pénètrent dans la maison alors que Cassie est en plein accouchement. Après s’être débarrassées des intrus, les ladies constatent que le bébé a été blessé et qu’il a besoin d’un chirurgien.

©Dargaud – Ladies with guns tome 4 – Anlor et Olivier Bocket
Rythme, vous avez dit rythme ?
Ouvrir un album de Ladies with Guns, c’est l’assurance de ne pas s’ennuyer. Le rythme de l’histoire est parfaitement maîtrisé et les morceaux de bravoure s’enchaînent, le plus souvent d’une manière assez fluide.
Cependant, il ne faudrait pas réduire la série à ses séquences d’action, certes bien écrites et magnifiquement mises en cases, parce qu’il y a tout le reste. Les auteurs cherchent à dépoussiérer le western en se focalisant sur les personnages oubliés de cette période : les femmes et les minorités. Si le lecteur se retrouve face à des situations « traditionnelles » du genre (les duels, les assauts, les courses-poursuites, les attaques de train, etc…) le point de vue des protagonistes et leurs histoires personnelles permettent de dépasser l’horizon habituel de cette période historique.

©Dargaud – Ladies with guns tome 4 – Anlor et Olivier Bocket
L’album se concentre sur l’histoire de Cassie dont la maternité renvoie à sa propre enfance : voulant secourir sa mère capturée par des vendeurs d’esclaves, le petite Cassie monte clandestinement sur le bateau et vivra le cauchemar de la traversée jusqu’en Amérique. Devenue adulte, le personnage en gardera des séquelles. C’est ça un album de Ladies with guns : les auteurs donnent aux lecteurs leurs doses de frissons mais n’oublient pas de développer leurs personnages, leur univers et leur message.

©Dargaud – Ladies with guns tome 4 – Anlor et Olivier Bocket
De la mise en scène des fusillades
L’autre grande force de ces albums ce sont les dessins et la couleur. Anlor fait un travail admirable sur cette série et plus particulièrement dans les scènes de combat. En deux planches, magnifiquement découpées, elle parvient à faire vivre une fusillade dans un lieu clos comme personne (à part peut-être Nicolas Petrimaux et son Il faut flinguer Ramirez).

©Dargaud – Ladies with guns tome 4 – Anlor et Olivier Bocket
Au niveau des couleurs, Elvire De Cock a choisi des couleurs réalistes mais qui créent aussi une ambiance. Par exemple, les scènes du début quand les ladies sont cachées dans le grenier alors que les chasseurs de primes progressent dans la maison, le grenier plutôt qu’être plongé dans le noir est en bleu nuit. Ce choix renforce la scène puisque les filles tentent de faire le moins de bruit possible afin de ne pas attirer les tueurs alors que Cassie accouche.

©Dargaud – Ladies with guns tome 4 – Anlor et Olivier Bocket
Le début d’un nouveau cycle
Il semblerait que cet album soit donc le point de départ d’un nouveau cycle… Alors que les albums précédents ne semblaient pas former un arc narratif en soi. Le plus important est que la série garde ses bases : un scénario solide avec autant de scènes d’action que de fond et des dessins au service de la narration et des couleurs renforçant l’atmosphère du récit.
Tout cela est bien présent dans cet album : le lecteur n’a pas l’occasion de s’ennuyer entre les différentes scènes d’action, les dialogues plutôt bien écrits et le développement des personnages. Ladies with Guns vaut le détour.

©Dargaud – Ladies with guns tome 4 – Anlor et Olivier Bocket
Une chronique écrite par : Frédéric P.
Informations sur l’album :
- Scénario : Olivier Bocquet
- Dessins : Anlor
- Couleurs : Elvire De Cock
- Éditeur : Dargaud
- Date de sortie : 7 mars 2025
- Pagination : 64 pages en couleurs
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