L’année 2025 a vu naître plusieurs bandes dessinées sur la relation père-fils (par exemple, « Il déserte » d’Antoine de Caunes et Xavier Coste, « Un père » de Jean-Louis Tripp…). Dans « La Mise à mort du tétras lyre », sur plus de 250 pages en couleurs directes, David Combet explore cette relation difficile sur fond de sublimes paysages de montagne.
© La mise à mort du tétras lyre – David Combet – Glénat – 2025
Pierre est un garçon sensible, contemplatif, qui aime la nature et l’art. Son père l’emmène à la chasse pour l’endurcir et espère qu’il suive sa trace de « vrai bonhomme ». Mais Pierre préfère rêver et dessiner la faune des montagnes plutôt que de la tuer. Il ne se reconnaît pas dans les valeurs virilistes prônées par son père. Pierre aime les garçons et, au fil du temps, il se rend compte qu’il est à l’opposé du fils que son père aurait aimé avoir. 25 ans plus tard, la carrière d’artiste de Pierre est au plus bas et sa vie est remplie de doutes. Comment déconstruire son passé pour se le réapproprier ?
© La mise à mort du tétras lyre – David Combet – Glénat – 2025
Un père et un fils que tout oppose
David Combet livre un récit intimiste et certainement personnel sur la relation conflictuelle entre un père, masculiniste et toxique, et son fils, artiste et homosexuel. Il examine l’évolution de leur relation entre les années 1998 et 2023. Par des flashs-backs, le lecteur assiste à une mise en écho de l’enfance de Pierre, en montagne, et de sa vie d’adulte, dans une soirée d’artiste. Pendant près de 30 ans, Pierre cherche à s’extraire de son héritage familial pour se reconstruire. « La Mise à mort du tétras lyre » porte un puissant message, celui de l’acceptation de soi.
© La mise à mort du tétras lyre – David Combet – Glénat – 2025
L’album met en évidence les différences sociales et sociétales des années 1990 et 2020 autour de l’expression des émotions, le rapport au corps, à la sexualité, à l’écologie et à la virilité. Deux mondes, deux personnalités qui évoluent côte à côte mais sans jamais vraiment se rencontrer. Les personnages secondaires, notamment le compagnon de chasse et l’amie artiste, facilitent, avec subtilité et nuance, la compréhension de la relation père-fils.
© La mise à mort du tétras lyre – David Combet – Glénat – 2025
Un scénario sublimé par la peinture
Le ton est donné par la fin de la dédicace de l’auteur, en début d’album : « Une pensée pour Hockney, Cocteau, Warhol, Flandrin (…) pour avoir éveillé cette passion pour l’art et la peinture. »
Les influences sont très présentes dans cet album, pour le plus grand bonheur du lecteur qui devient le spectateur émerveillé de pages de toute beauté, réalisées à la peinture acrylique. Chaque planche, en couleurs directes, devient alors un tableau. Les émotions s’expriment par les couleurs et leurs résonances.
© La mise à mort du tétras lyre – David Combet – Glénat – 2025
La couverture très travaillée nous plonge dans un paysage naturel idyllique autour de la faune de montagne avec Pierre en toile de fond qui se cache les yeux. Le titre et sa calligraphie « ondulée » – comme un reflet dans une mare – interpellent le lecteur qui ne sait pas vraiment à quoi s’attendre. Mais dès l’ouverture de l’album, il entre dans un voyage mémorable, à la fois introspectif et artistique.
© La mise à mort du tétras lyre – David Combet – Glénat – 2025
Un album d’une grande sensibilité qui fait rentrer David Combet dans la collection 1000 Feuilles du catalogue Glénat. Une reconnaissance bien méritée pour un artiste à suivre !
© La mise à mort du tétras lyre – David Combet – Glénat – 2025
Une chronique écrite par : Claire
Informations sur l’album :
- Scénario : David Combet
- Dessin : David Combet
- Couleurs : David Combet
- Éditeur : Glénat
- Date de sortie : Le 24 septembre 2025
- Pagination : 288 pages en couleurs
