La Mère vénère
Pas facile d’être mère, surtout dans une famille monoparentale, surtout dans un milieu urbain générant du stress et encore plus lorsqu’on est confronté à différentes injonctions qui donnent envie de tout envoyer valser…

©Glénat, 2025 – La Mère vénère – Camille Besse
Camille Besse, également autrice de « Si les hommes avaient leur règle », plonge cette fois le lecteur dans le quotidien houleux d’une mère célibataire. Celle-ci, féministe et écolo, a bien sûr à cœur de transmettre ses valeurs à sa mignonne et intrépide petite fille, tout en menant à bien toutes les tâches qui incombent bien trop souvent à la mère, dans une famille monoparentale de surcroît.

©Glénat, 2025 – La Mère vénère – Camille Besse
Dans l’air du temps
Véritablement vénère, la mère imaginée par Camille Besse court dans tous les sens, que ce soit pour emmener sa fille à l’école, à l’entraînement de piscine ou au parc pour jouer. En ville, la sérénité n’a pas trouvé ses quartiers, il faut pouvoir supporter les transports en commun ou les gros SUV pressés. Pleine de convictions féministes, « la mère » n’hésite pas à envoyer promener les dragueurs relous, à parler tout haut de ses règles au téléphone exprès pour gêner les hommes dans le métro ou à enseigner à sa fille comment viser les « couilles » lors d’une baston. Pourtant, elle est bien obligée de se confronter à une voisine de palier aux tendances politiques toutes autres ou à la difficulté de concilier les exigences parentales avec ses propres exigences de recourir aux couches lavables ou de manifester dans la rue.

©Glénat, 2025 – La Mère vénère – Camille Besse
Les gags d’une page se suivent sans monotonie aucune et mettent en avant des concepts totalement dans l’air du temps. Petit bémol toutefois, le nom de Darmanin régulièrement cité, alors qu’il sera probablement oublié d’ici quelques années… Même ceux qui ne sont pas d’accord avec les valeurs prônées par « la mère », pourront se retrouver dans ses difficultés et ses doutes, et avoir envie comme elle de se rebeller en n’hésitant pas à gueuler quand c’est nécessaire !

©Glénat, 2025 – La Mère vénère – Camille Besse
Un trait agité
Le dessin de La mère vénère rappelle sans hésitations celui de la bande dessinée Les gosses, de Carabel et le style de Claire Brétécher. Le trait vif et souple, les bouilles très expressives, les petites touches de couleurs pétantes, qui ne remplissent pas toute la forme pour donner du volume, l’absence de cases et de décor vraiment développé, tout y est ! Le tout paraît un peu brouillon, presque négligé, mais cela renforce le ton de l’album, dans lequel l’auteur veut faire ressentir un quotidien presque assimilé à une bataille sans fin.

©Glénat, 2025 – La Mère vénère – Camille Besse
Révélateur de notre époque stressante, La Mère vénère illustre de manière drôle, voire acerbe, et convaincante la vie d’une mère de famille monoparentale en milieu urbain. Entre ses revendications fortes et ses propres contradictions, il est facile de se reconnaître dans cette jeune femme et dans ses préoccupations toutes actuelles…

©Glénat, 2025 – La Mère vénère – Camille Besse
Une chronique écrite par : Aurélie Dorchy
Informations sur l’album :
- Scénario, dessin et couleur : Camille Besse
- Éditeur : Glénat
- Date de sortie : Le 10/09/2025
- Pagination : 88 pages en couleurs

©Glénat, 2025 – La Mère vénère – Camille Besse
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