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La Cité des Dames tome 1 : Le Secret des Sikah

Le premier tome de cette nouvelle série signée Blanche Sabbah plonge immédiatement le lecteur dans le vif du sujet. Sorcellerie et intrigues politiques font de La Cité des Dames une fantasy médiévale maîtrisée, avec en supplément le sabordage programmé d’une société trop patriarcale.

©Éditions Dargaud, 2026 – La Cité des Dames T1 – Blanche Sabbah

À l’aube de sa majorité, Kin d’Ébénite, héritière des Duchés du Sud du Royaume de Lorian, doit faire face à son destin et se résoudre à épouser un homme. Elle préférerait pourtant mille fois chevaucher son cheval favori quand bon lui semble, étudier à l’université, ou aimer celui qu’elle aurait elle-même choisi. Mais puisque ce ne sont pas là des avenirs possibles pour une femme à Lorian, autant s’arranger pour se trouver sur le chemin du moindre mal.

©Éditions Dargaud, 2026 – La Cité des Dames T1 – Blanche Sabbah

Quand la reine du Royaume meurt et que le roi se remarie, toutes les cartes géopolitiques sont redistribuées. Kin et son fidèle ami Baldwin y voient une opportunité pour se rapprocher du trône et y insuffler des idées nouvelles, pour petit à petit créer une Cité des Dames, une société qu’ils rêvent plus inclusive et moins misogyne, où pourraient s’épanouir tous les humains, y compris les femmes et les enfants du peuple.

©Éditions Dargaud, 2026 – La Cité des Dames T1 – Blanche Sabbah

De son côté, Mahaut, princesse déchue, endeuillée et en colère, se découvre des dons magiques qu’elle compte bien utiliser à bon escient, tandis qu’Agar, ménestrelle, se forge une réputation d’indispensable auprès des nobles du Royaume.

Un album qui pose des bases solides

Avec La Cité des Dames, Blanche Sabbah propose une fantasy médiévale féministe, qui, loin de faire l’impasse sur la rudesse de la vie au Moyen-Âge, dote ses personnages féminins d’une bonne dose de caractère et de débrouillardise pour y faire face. Souvent reléguées dans trop d’œuvres classiques au rôle de damoiselles en détresse, les femmes de l’ère médiévale sont ici dépeintes comme combatives, intelligentes, rusées, et autant que possible maîtresses de leur propre destinée.

©Éditions Dargaud, 2026 – La Cité des Dames T1 – Blanche Sabbah

Riche de ce regard féminin rafraîchissant, La Cité des Dames n’en reste pas moins une solide fantasy, au scénario étoffé, dense, complexe, où les intrigues s’entremêlent et les personnages se multiplient. L’autrice aura eu l’excellente idée de fournir au lecteur un arbre généalogique récapitulatif en fin d’ouvrage, très précieux pour parvenir à suivre les liens entre tous les protagonistes.

À mi-chemin entre Peau d’Homme et Game of Thrones, ce premier tome pose déjà de sérieuses bases et offre un bel aperçu de l’univers et de la mythologie imaginés par Blanche Sabbah. Entre magie, pouvoir, complot, guerre, religion, intrigues familiales, le lecteur constatera facilement que le nombre de portes ouvertes par l’autrice dans ce tome initial laisse présager des aventures épiques pour nos héroïnes Kin, Agar, Mahaut, et pour l’ambitieux Baldwin.

©Éditions Dargaud, 2026 – La Cité des Dames T1 – Blanche Sabbah

Focus sur les personnages et couleurs vives

Au service de l’intrigue, le dessin va à l’essentiel et ne s’encombre pas trop de détails, notamment dans les arrière-plans. L’attention du lecteur est quasi systématiquement attirée vers les personnages, avec une majorité de plans rapprochés. L’avantage est de pouvoir facilement lire sur les visages et suivre ainsi les émotions qui traversent chacun d’eux à un rythme soutenu.

Un tel focus permet aussi à Blanche Sabbah de ne pas perdre le lecteur malgré la kyrielle de protagonistes puisqu’on ne se penche toujours que sur un nombre limité d’entre eux à la fois. Aucun ne se ressemble, ce qui apparaît comme un véritable tour de force de l’autrice-dessinatrice, ou au moins comme une preuve d’un gros travail pour leur apporter des signes distinctifs que le lecteur peut capter d’un seul coup d’œil.

©Éditions Dargaud, 2026 – La Cité des Dames T1 – Blanche Sabbah

On devine aussi le travail en amont pour penser la mise en couleurs, puisque si la BD reste sur des teintes relativement vives tout au long de l’histoire, les palettes divergent d’une région du Royaume de Lorian à l’autre (rouges au château, verts en forêt, bleus au couvent), ce qui ajoute au voyage et crée des ambiances distinctes.

Hommage assumé à l’ouvrage éponyme de Christine de Pizan paru en 1405, La Cité des Dames de Blanche Sabbah redonne une place centrale aux femmes du Moyen-Âge, au cœur d’une intrigue bien construite qui promet une série puissante.

©Éditions Dargaud, 2026 – La Cité des Dames T1 – Blanche Sabbah

Une chronique écrite par : Emmeline Van den Bosch.

Informations sur l’album :

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