Les anges gardiens n’ont pas tous l’allure de petits chérubins ailés et auréolés. Celui de Constance a plutôt l’air d’un monstre issu des pires cauchemars d’enfants. Pourtant, entre lui et la jeune fille va éclore une drôle d’amitié, la première pour Constance.
© Dupuis – Constance et les ombres – Luisa Russo, Ingrid Chabbert
Constance vit seule avec ses parents trop stricts et sa gouvernante dans une grande bâtisse. La jeune fille se sent oppressée par les règles et les interdictions dictées par ses géniteurs. Il faut dire qu’elle a la santé fragile, et elle a peur de mourir comme son frère avant elle. Le jour où elle apprend que son précepteur, seul contact qu’elle a avec l’extérieur, ne viendra plus, elle rentre dans une terrible colère et casse un tableau. Celui-ci n’est autre qu’un talisman qui empêche les ombres de l’attaquer. Apparaît alors Horace, un gentil monstre qui, sentant que la magie qui protégeait la fillette n’opère plus, explique à Constance qu’elle a un don : le voir lui, ainsi que les monstres dangereux qui les entourent.
© Dupuis – Constance et les ombres – Luisa Russo, Ingrid Chabbert
Pas trop vite
Le scénario se met doucement en place dans ce premier tome : les personnages montent sur scène au compte-goutte. Il suffit de quelques bulles de leur part pour connaître leur caractère et leur rôle au sein de l’intrigue. Le tempo de l’histoire s’accélère ou ralentit suivant les ton de discussion que Constance a avec les différents acteurs de l’histoire. Ainsi, quand le père lui passe un savon, le temps se presse, et au contraire, si une nouvelle amitié est sur le point d’éclore, le temps semble s’arrêter, comme pour laisser à notre personnage le temps de faire plus ample connaissance. Le lecteur savoure lui aussi ces prises de contact grâce aux plans successifs des nouveaux personnages, comme si on lui tournait autour pour l’inspecter sous toutes les coutures.
© Dupuis – Constance et les ombres – Luisa Russo, Ingrid Chabbert
Un dessin qui égale la description
Constance est considérée comme fragile par le reste de sa famille. Le dessin parfaitement équilibré aux traits fins et la palette de couleurs de Luisa Russo consolident cet aspect de vulnérabilité, grâce notamment à des couleurs claires, comme le blond de ses cheveux ou le blanc de ses robes. A contrario, les personnes qui se doivent d’être fortes, comme le père ou Horace, le monstre ange gardien, sont de couleur foncée, voire noire. Ce contraste accentue encore la fragilité supposée de Constance. En effet, le regard du lecteur, étant plus attiré par les couleurs des personnages sombres dans les scènes lumineuses au fond clair, la petite fille est encore plus discrète à leur côté.
© Dupuis – Constance et les ombres – Luisa Russo, Ingrid Chabbert
Cette série prévue en trois tomes se met doucement en place. Les personnages arrivent, l’intrigue débute, et le lecteur reste avec plein de questions une fois l’album refermé. Quoi de mieux qu’attendre le tome deux pour tenter d’obtenir les réponses ?
Chronique écrite par Séréna MORCIANO
Informations sur l’album :
- Scénario : Ingrid Chabbert
- Dessin : Luisa Russo
- Couleur : Luisa Russo
- Éditeur : Dupuis
- Date de sortie : Le 30 mai 2025
- Pagination : 72 pages en couleurs
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© Dupuis – Constance et les ombres – Luisa Russo, Ingrid Chabbert

