Michaël Sanlaville délaisse le format manga de Banana Sioule ou de Lastman pour un thriller psychologique (et automobile) de 170 pages dans un grand format cartonné. Alors attachez votre ceinture, la course-poursuite ne fait que commencer !
©Glénat – Tunnels – Michaël Sanlaville – 2026
Un couple et ses trois filles sont sur la route des vacances. Après avoir traversé plusieurs tunnels, ils sont dépassés par des voitures à une vitesse complètement folle qui n’hésitent pas à éjecter les autres concurrents ni à faucher les malheureux conducteurs qui cherchent à s’extraire de leurs bolides. Ils réalisent peu à peu qu’ils sont piégés dans une course automobile sur une route qui semble isolée dans une boucle spatio-temporelle.
©Glénat – Tunnels – Michaël Sanlaville – 2026
Un récit tendu et oppressant
Michaël Sanlaville réunit l’univers de la course-automobile et celui du récit de vacances pour créer une ambiance oppressante dans un double huis-clos : tout d’abord dans l’habitacle de la Volvo familiale puis sur ce circuit automobile de l’enfer qui semble sans fin. Les personnages de cette famille ordinaire sont mis sous pression. Le père panique et est incapable de prendre une décision, la mère cherche tellement à protéger ses filles qu’elle ne réfléchit plus. C’est Jolène, la fille aînée en conduite accompagnée, experte en jeux vidéo de courses de voitures, qui prendra la situation en main. Le scénario ne se perd pas dans les explications et entraîne ses personnages et ses lecteurs au cœur de l’action, sans temps mort. La dernière partie qui opère une rupture dans le récit vire au drame familial et se termine sur un rythme moins nerveux et plus intime.
©Glénat – Tunnels – Michaël Sanlaville – 2026
« La route va forcément nous mener quelque part ! »
Graphiquement, Michaël Sanlaville reste dans la même veine que ses précédents ouvrages. Son trait est fin, ses personnages sont réalistes avec des émotions parfaitement retranscrites. Le découpage des cases illustre avec justesse la vitesse et l’impression permanente de mouvement. Les scènes d’accidents, de sorties de piste et d’incendies de voitures sont impressionnantes et accentuent la détresse et l’isolement des personnages. Heureusement, la colorisation aux teintes vives apporte une touche de légèreté à cette virée en enfer. La couverture vert métallisée, à l’instar de la Volvo familiale, évoque subtilement le film de science-fiction Upside Down de Juan Solanas et ses univers parallèles.
©Glénat – Tunnels – Michaël Sanlaville – 2026
Sans forcément répondre à toutes les questions soulevées par son scénario, Mikaël Sanlaville réussit à piéger ses lecteurs, au même titre que ses personnages, au cœur de ce conte mécanique infernal. Entre thriller psychologique, drame familial et aventure fantastique Tunnels impressionne par sa précision et sa grande puissance visuelle.
Une chronique écrite par : Emmanuelle DESSEIGNE
Informations sur l’album :
- Scénario : Michaël Sanlaville
- Dessin : Michaël Sanlaville
- Éditeur : Glénat
- Date de sortie : 07/01/2026
- Pagination : 168 pages en couleurs
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