Ce seizième tome de Seuls sort au moment où la saga fête ses vingt ans. Cet avant dernier album du quatrième cycle est le plus sombre proposé par le scénariste Fabien Vehlmann et le dessinateur Bruno Gazzotti.
Dodji, élu de la huitième famille, part avec Melchior/le Maître-Fou et Achille pour libérer Jézabel de l’archange qui l’a emprisonnée. Dodji espère qu’elle pourra lui indiquer un moyen d’empêcher ou d’arrêter une nouvelle guerre des Limbes et ainsi ouvrir les portes du Paradis.
Pendant ce temps, l’Imperator Saul a décidé d’en finir avec la huitième famille ainsi que l’expansion des Terres Basses. Ayant désormais des armes aériennes ainsi que ses terribles Séraphins à disposition, Saul engage les premières familles dans la bataille.
L’empire contre-attaque
À l’occasion de la sortie du quinzième volume (L’hôtel du bord du monde) en novembre 2024, le rédacteur des Amis de la BD écrivait : « le chroniqueur de bandes dessinées qui se lancerait dans un article sur un nouvel album de Seuls devrait relever un énorme défi : que dire de pertinent sur un tome en particulier qui s’inscrit dans l’énorme fresque que représente la série ? Après quinze albums, tous plus haletants, émouvants et passionnants les uns que les autres, comment éviter la redite ? »
Le défi se pose de nouveau et s’y ajoute l’appréhension de crier de nouveau au génie aussi bien scénaristique que graphique. Car, comment ne pas lasser le lecteur en lui répétant encore une fois que ce nouvel album de Seuls est une réussite ?
Une réponse serait, peut-être, de mentionner les spécificités du titre ? L’album commence sur un ton chaud et plutôt optimiste dans le camp de la huitième famille : le camp s’organise de mieux en mieux, les enfants développent leur autonomie, les plus anciens partagent leurs savoirs et compétences, les attaques des Protecteurs sont de plus en plus facilement déjouées. Dodji part en missions pour retrouver Jézabel avec l’espoir d’éviter une guerre. Et puis, petit à petit, la situation se renverse totalement. Ce basculement est annoncé par une simple planche où l’Imperator Saul, en tenue blanche de chef militaire, se tient sur une base militaire secrète et déclare qu’il a désormais tout ce dont il a besoin pour sa guerre. Et cette déclaration est faite à un Séraphin, soldat fanatique aux ordres de l’Imperator, habillé et cagoulé de blanc. Ce qui n’est pas sans rappeler les storm troopers de Star Wars.
La référence à la saga cinématographique de George Lucas n’est peut être pas aussi anodine que ça tant l’album ressemble à une adaptation de l’épisode cinq : le célèbre Empire contre-attaque ! Dans les deux œuvres, l’histoire commence sur une base abritant des rebelles, ils sont pourchassés par un Empire et un des héros doit partir suivre l’enseignement d’un mentor qui lui permettra de rétablir l’équilibre dans le monde.
Au-delà de ça, il s’agit sans doute de l’album le plus dramatique et sombre de l’univers Seuls ! Le lecteur qui arrivera à la fin de cet opus aura le souffle coupé et un début de larmes aux yeux. Puis, il repensera à la dernière réplique qui demande de garder espoir même s’il a l’impression d’être au cœur de la nuit.
Au final, de nouveau le chroniqueur de bandes dessinées doit s’avouer vaincu et se mettre respectueusement à genoux devant le récit et l’imagination de Fabien Vehlmann.
Bruno Gazzotti : le choix parfait
Les fans de la série Soda, écrite par le regretté Philippe Tome, étaient ravis de voir Bruno Gazzotti reprendre les pinceaux pour l’album « Le pasteur sanglant ». Les fans de Seuls, eux, s’inquiétaient du fait que l’illustrateur devrait se partager entre Seuls et Soda.
Car Bruno Gazzotti était le choix parfait pour mettre en dessins l’univers Seuls: un trait précis et clair, un découpage conventionnel mais lisible et impactant pour les scènes d’action et comment ne pas parler des couleurs d’Usagi ? C’est cette alchimie entre dessins et couleurs qui donne ce cachet si particulier aux planches de la série, l’impression d’être dans une Ligne Claire que n’aurait pas renié les apôtres d’Hergé et du Journal de Tintin et en même temps un caractère moderne… une Ligne Claire de son temps, en somme.
Bref, que ce soient les personnages, les décors, les costumes, les designs, le découpage et les couleurs, tout est parfait dans cet album.
Les choses sérieuses commencent
Les événements dramatiques de cette seizième itération annoncent le début des choses sérieuses, une fin de cycle aussi explosive qu’haletante pour le liseur avant le cinquième et dernier cycle qui conclura cette fresque fantastique qu’est Seuls.
De nouveau, Fabien Vehlmann, Bruno Gazzotti et Usagi ont relevé le défi de proposer ce nouvel album comme un digne héritier de tous ses prédécesseurs, cette histoire est la plus dure émotionnellement parlant de la saga mais c’est aussi l’une des plus émouvantes et donc des plus marquantes.
Une chronique écrite par : Frédéric P.
Informations sur l’album :
- Scénario : Fabien Vehlmann
- Dessins : Bruno Gazzotti
- Couleurs : Usagi
- Éditeur : Rue de Sèvres
- Date de sortie : 21/01/2026
- Pagination : 48 pages en couleurs
Nous avons fait le choix d’être gratuit et sans publicité, néanmoins nous avons quand même des frais qui nous obligent à débourser de l’argent, vous pouvez donc nous soutenir en adhérant à l’association des Amis de la bande dessinée et/ou en achetant un T-shirt avec notre logo. L’ensemble de l’équipe vous remercie d’avance pour votre aide.
Consultez la liste de nos librairies partenaires pour vous procurer l’album Seuls tome 16
