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Maurice et Morris dans un château…

C’est dans le cadre bucolique du château de Saint-Maurice, en Suisse, qu’a débuté une série d’événements qui célèbre le 80e anniversaire de Lucky Luke. Une magnifique exposition consacrée à l’œuvre de Morris est donc à découvrir jusqu’à fin novembre.

Philippe Duvanel, directeur du château de Saint-Maurice ©Bruce Rennes

Ce samedi 28 mars, c’est un public bien regroupé qui s’est retrouvé dans l’une des salles du château de Saint-Maurice, en Valais – Suisse – pour écouter l’émotion non feinte de son directeur Philippe Duvanel. Cette exaltation de sa sensibilité était sans doute à la hauteur du colossal travail nécessaire pour préparer cette exposition consacrée au cowboy qui tire plus vite que son ombre. Déjà, l’homme s’est interrogé : « J’ai un problème avec un monsieur qui s’agite sur un territoire qui s’appelle les États-Unis. Et je me suis dit que ce n’était pas une bonne idée de mettre en avant ce pays. » Pourtant, et fort heureusement, il s’est ravisé. Il a rappelé que « Morris et Goscinny ont déclaré une satire et une parodie incroyables des États-Unis, et si vous la regardez de près, elle est très raconteuse de ce qu’est aujourd’hui le monde. »

« Lucky Luke demeure l’un des piliers de la bande dessinée mondiale

Le directeur du château est encore ivre de bonheur lorsqu’il se remémore la manière dont tout a commencé : « Quand on écrit un mail à 14h de l’après-midi et, qu’à 14h09, on a des réponses positives à la question qui demandait si on pourrait faire une exposition Saint-Maurice… » Il n’y a pas que Lucky Luke qui dégaine rapidement !

Point de départ du 80e anniversaire de Lucky Luke

Emmanuelle Es-Borrat, la présidente du conseil de Fondation du Château de St-Maurice s’est amusée du titre d’un journal qui, astucieusement relevait l’homonymie et la coïncidence entre Saint-Maurice et Morris (né Maurice de Bevere). Elle a rappelé l’importance du lieu en tant qu’acteur culturel fédérateur, porté par un directeur qui « tire plus vite que son ombre lorsqu’il s’agit de dégainer le dynamisme des bonnes idées pour rendre ce château vivant. » De son côté, François Le Bescon, éditeur chez Dargaud, a souligné que cette exposition marquait le départ d’une série d’événements autour du 80e anniversaire de Lucky Luke. Une célébration méritée puisqu’il souligne que cette série, c’est 300 millions d’exemplaires vendus dans le monde. « Lucky Luke demeure l’un des piliers de la bande dessinée mondiale, touchant un public transgénérationnel et dépassant largement les frontières francophones. » L’éditeur s’est évidemment réjoui que le mythe perdure grâce au talent de Jul et d’Achdé.

Du côté de l’exposition proprement dite, c’est du grandiose. Les équipes de Philippe Duvanel ont réalisé un sacré travail, en n’occultant aucun des thèmes propres à l’univers de Morris et Gosciny. Elle occupe trois étages du château ; La scénographie est vive et colorée. On y apprend notamment l’importance de la couleur pour Morris, elle dépassait le simple enjeu esthétique, contribuant largement à la dramaturgie d’une histoire.

Exposition Lucky Luke au château Saint-Maurice ©Bruce Rennes

Une exposition vivante

La censure, le rôle de la cigarette et de la brindille, les sources d’inspiration des deux auteurs, ou encore les adaptations en dessin animé ou au cinéma, l’exposition est variée. Souci du détail : pour regarder les écrans diffusant des épisodes de la série animée, on s’installe sur une selle de cheval. Sur 300 m3, le public découvre des originaux, des croquis ou encore des objets et des installations ludiques. En se baladant dans ses couloirs, on entend les badauds qui pouffent devant un bon gag ou un jeux de mots, qui débattent sur la qualité de tel ou tel récit ou qui approuvent la finesse du trait de Morris d’un léger mouvement de tête.

De nombreuses anecdotes parsèment l’exposition. Au détour d’un panneau, on y apprend que Lucky Luke ne tue pas ses adversaires, il les désarme. C’était un apport subtil de René Goscinny à la légende. Au départ, Morris suggérait qu’il abattait, sans ambages, certains bandits. Impensable pour Dupuis, à l’époque ! 

80 ans, c’est un bel âge pour ce cowboy transgénérationnel. Pourtant, la célèbre case de fin si prompte à clôturer les albums de Lucky Luke n’a pas fini de se décliner sous de nombreuses formes. C’est Philippe Duvanel qui résume le mieux l’attachement du public à ce héros solitaire, lui, qui est passé du rêve à la réalité imaginant cette exposition dans ce cadre exceptionnel : « Merci de votre amour de votre tendresse pour le château et surtout relisez Lucky Luke vous verrez ça fait du bien merci à bientôt. »

Exposition Lucky Luke au château Saint-Maurice ©Bruce Rennes

Galerie photos

Un reportage rédigé par : Bruce Rennes

L’exposition Lucky Luke est à voir au château de Saint-Maurice jusqu’au 22 novembre 2026.

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