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Brume tome 5 : La Cité d’Ys

Déjà le cinquième tome pour Brume de Jérôme Pélissier et Carine Hinder, une série qui ne cesse de réunir de plus en plus de lecteurs, enfants comme adultes, grâce à ses personnages attachants et ses nombreux mystères. Nouvel album et nouvelle référence aux légendes bretonnes avec la célèbre ville d’Ys.

© Brume, tome 5 – Pélissier/Hinder – Glénat, 2026

La barrière magique qui protégeait le village des monstres de l’extérieur vient de lâcher et d’immenses créatures sont en train de le ravager. Pas d’hésitation, Brume est sur le coup. Mais, Hubert est introuvable et Hugo pas vraiment d’une grande aide. Alors la fillette va solliciter l’aide de son ancienne ennemie, Dourk, afin de préparer la potion pour rétablir la protection. Toutefois, il lui manque un élément essentiel : des larmes de sirènes. Alors que Hubert fait sa réapparition, le trio prend la direction de la cité engloutie d’Ys.

© Brume, tome 5 – Pélissier/Hinder – Glénat, 2026

« Ah oui, c’est un gros Castor »

En Bretagne, la légende raconte qu’Ys était une cité somptueuse bâtie sous le niveau de la mer par le roi Gradlon, pour sa fille Dahut. Éprise de liberté et de plaisirs, celle-ci aurait dérobé la clé des digues pour laisser entrer son amant. La mer engloutit alors la ville, malgré la fuite de Gradlon, sauvé par saint Guénolé. Ys symbolise depuis l’orgueil humain face aux forces de la nature, mais aussi la mémoire d’un monde disparu, dont certains croient encore entendre les cloches sous les flots.

C’est tout logiquement que la célèbre cité légendaire arrive dans Brume. La série est ancrée dans l’imaginaire breton, à commencer par son inspiration originelle : Naïa, personnage réel ayant vécu au début du XXe siècle. La photo de la « sorcière », montrée à la fin du premier tome de Brume, est devenue une carte postale populaire de Rochefort-en-Terre et a donné son nom au Musée du Fantastique de la ville, où vivent et travaillent Jérôme Pélissier et Carine Hinder. 

Dans Brume, la légende d’Ys est édulcorée et modifiée dans ses personnages pour correspondre au jeune lectorat de la série en lui donnant des noms de personnages qu’il connaît déjà, comme le roi Arthur, à la place de Gradlon, ou Merlin au lieu de Saint Guénolé. Toutefois, en fin d’album, un dossier revient sur la légende originelle. Dans la BD, la cité est devenue l’habitat d’une sirène et ses deux filles, bien vénères contre l’humanité. 

© Brume, tome 5 – Pélissier/Hinder – Glénat, 2026

« Libérées ! Délivrées ! Mais où sont passés nos pieds ? »

Ces créatures, également présentes dans l’imaginaire breton, font partie des nouveautés de ce cinquième tome. Chaque épisode précédent possédait son bestiaire et ce cinquième album ne fait pas exception. Avant les sirènes, le lecteur a pu également découvrir les monstres vivants aux abords du village de nos héros. Le monde de Brume est dangereux, impressionnant et ne laisse aucun répit à la fillette et ses amis.

Les scénarios de Jérôme Pélissier mêlent habilement cet environnement hostile avec un humour ravageur via ces protagonistes. Car au-delà du mystère et de l’aventure, ce sont bien les personnages et leurs relations qui sont au centre du récit. La petite sorcière est toujours aussi attachante et émouvante, encadrée par ses deux fabuleux « Hu ». Hubert dont la chute dans le chaudron plein de potion de « détransformation » révèle sa silhouette encapuchonnée, ce qui pose de nouvelles questions. Hugo, toujours aussi drôle à son insu, persuadé que les monstres sont des gros castors, mais toujours aussi fidèle et attentionné envers Brume.

Le scénariste n’en oublie pas pour autant de faire avancer le fil rouge de la série : la quête d’origine de Brume. Et dans ce cinquième épisode, Jérôme Pélissier livre quelques réponses qui apportent leur lot de question et d’impatience d’en savoir plus. L’album se conclut d’ailleurs sur une planche qui donne furieusement envie de découvrir la suite. Et, quelques pages plus tôt, au gré d’un dialogue qui semble presque anodin, un personnage lâche une information aussi étonnante que primordiale et consternante sur le monde dans lequel évolue Brume et ses amis. Jérôme Pélissier a décidément l’art du « teasing ».

© Brume, tome 5 – Pélissier/Hinder – Glénat, 2026

« Waouh !!! Vitesse maximale »

Et pourtant le scénariste parvient à maintenir un rythme haletant à son récit, entre humour et action, avec un sens du dialogue ravageur et de nombreuses scènes épiques dans lesquelles le dessin de Carine Hinder fait des merveilles. Car si Brume a séduit autant de lecteurs de tous âges, ce n’est pas seulement grâce à son histoire, mais bel et bien en séduisant les rétines de quiconque ouvre un de ses albums. Brume, c’est beau, tout simplement.

Les personnages sont ultra expressifs, mignons ou inquiétants, de petite taille ou immenses, humains ou monstrueux, mais toujours graphiquement réussis. Le village est toujours si pittoresque qu’on aurait envie d’y vivre, et tant pis s’il risque de s’effondrer à tout moment vu les menaces qui l’entourent. La cabane de la sorcière Dourk, la forêt, les montagnes escarpées… tant de paysages différents qui font voyager aussi bien le lecteur que les héros. Et puis, bien sûr, il y a Ys, la mythique et prétentieuse cité à qui Carine Hinder donne une majesté indéniable.

La mise en scène de Carine Hinder joue également beaucoup dans l’univers fantastique de Brume. De plans iconiques en scènes d’action très dynamiques, la dessinatrice maîtrise son sujet et donne une vraie personnalité à la série, entre mignonne et inquiétante à l’image des jeunes sirènes qui feraient des jouets formidables malgré leurs deux petites canines acérées. Et comment ne pas évoquer les quatre pages de la légende d’Ys, avec leur mise en page superbe et un style graphique plus sérieux et réaliste qui tranche judicieusement avec le reste des planches, jusqu’aux teintes, plus ternes. La dessinatrice assure d’ailleurs elle-même la colorisation de la série et, là aussi, c’est une grande réussite.

© Brume, tome 5 – Pélissier/Hinder – Glénat, 2026

Tout en gardant son esprit d’action et d’humour, ainsi qu’une structure narrative assez similaire aux précédents tomes, ce cinquième épisode se révèle aussi passionnant que les premiers. Jérôme Pélissier parvient à faire avancer son intrigue tout en la renouvelant en proposant à chaque album de nouvelles créatures et de nouveaux lieux, deux terrains de jeux parfaits pour le talent de la dessinatrice Carine Hinder. Personnages attachants, enjeux simples mais captivants, et un final en plein suspense, la lecture de La Cité d’Ys est un régal. Sans parler de l’annonce, en fin d’album, d’un projet des plus enthousiasmants pour avril 2027.

Chronique écrite par : Cédric « Sedh » Sicard

© Brume, tome 5 – Pélissier/Hinder – Glénat, 2026

Informations sur l’album :

© Brume, tome 5 – Pélissier/Hinder – Glénat, 2026

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