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Regards du Québec sur la migration

Le Québec était l’invité d’honneur du festival BDFIL à Lausanne (27 avril – 10 mai 2026). Ce fut l’occasion pour Les Amis de la bande dessinée de découvrir de nouvelles narrations. Parmi les invités, nous avons rencontré Anne-Marie Saint-Cerny et Djibril Morisette-Phan, autrice et auteur d’un ouvrage remarqué : La grande mécanique – Migrations, regard sur l’inhumain.

Les Amis de la BD en interview d’Anne-Marie Saint-Cerny et Djibril Morissette Phan

Les amis de la BD : Bonjour, on ne vous connaît pas encore. Commençons par Anne-Marie : quel est votre parcours, comment en êtes-vous venue à vous intéresser aux questions de migration ?

Anne-Marie Saint-Cerny : J’ai longtemps gagné ma vie comme ghostwriter, notamment pour des personnalités politiques. Donc je connais bien le système et ses rouages. J’ai aussi été activiste.  En 2015, au départ, je voulais faire un petit pamphlet pour « expliquer la guerre de Syrie pour les nuls ». Et très vite, cela s’est transformé en ce qu’on a appelé une « crise migratoire » – je mets toujours des bémols à cette expression. De fil en aiguille, je m’y suis intéressée de plus en plus…

LABD : Vous décidez d’aborder un nouvel angle à cette crise migratoire.

Anne-Marie S.-C. : Pendant environ cinq ans, je me suis documentée. Je me suis rendue deux fois dans le Pas-de-Calais. Puis le début de la guerre en Ukraine m’a aussi amenée à remonter cette frontière. L’année suivante, j’ai effectué un voyage aux États-Unis. Comme le livre s’intéresse surtout aux sociétés d’accueil, j’y expose vraiment notre regard face à ces sociétés, sans complaisance.

LABD : Dans quel cadre avez-vous mené cette enquête : journalisme, associatif, commande éditoriale… ou à titre personnel ?

Anne-Marie S.-C. : À titre personnel, sous mon propre nom. J’avais déjà publié une BD auparavant. J’ai utilisé mes droits d’autrice pour financer ce travail : c’était vraiment « moi toute seule ». Je ne suis pas journaliste. Souvent, je m’installe, j’observe longtemps. À Calais, j’ai travaillé à l’Auberge des Migrants, et j’ai aussi aidé bénévolement d’autres organisations. Très concrètement, à Calais, j’ai lavé des kilomètres de vaisselle dans la cuisine.

LABD : À quel moment l’idée d’en faire une bande dessinée s’est-elle imposée ?

Anne-Marie S.-C. : Ma première BD était déjà documentaire. Je savais que j’allais en faire une autre. D’abord parce que, comme activiste, c’est ce qui avait le mieux fonctionné parmi tout ce que j’avais essayé pendant des années. C’était plus efficace que bien des conférences de presse ou des conférences. La BD permet de raconter avec de la douceur un contenu ardu. On simplifie sans perdre l’émotion. Et, pour moi, ce sont les émotions qui mettent les gens en mouvement. J’ai passé environ un an à chercher un dessinateur ou une dessinatrice. J’ai découvert le travail de Djibril, je l’ai contacté, et il a accepté dans les deux heures.

LABD : Djibril, quel est votre parcours ?

Djibril Morisette-Phan : Je suis surtout illustrateur de bande dessinée. Depuis peu, je scénarise un peu. Je suis professionnel depuis une dizaine d’années. En 2020, j’ai publié mon premier roman graphique au Québec, Khiêm – Terre maternelle. Il raconte l’histoire de ma famille, en partie originaire du Vietnam. Ce livre a ouvert chez moi des réflexions sur l’immigration, l’intégration et l’identité – notamment la double identité.

LABD : Quand Anne-Marie vous contacte, il y a une forme d’évidence…

Djibril M.-P. : Quand Anne-Marie m’a parlé de La Grande Mécanique, c’était une façon d’aller plus loin et d’universaliser ces questions, en adoptant cette fois le point de vue des pays d’accueil. J’ai un héritage familial issu de l’immigration, mais je me perçois aussi comme Québécois/Canadien, donc comme le citoyen d’un pays d’accueil confronté à la migration mondiale.

LABD : Anne-Marie, aviez-vous déjà vu le travail de Djibril ?

Anne-Marie S.-C. : Oui. Quand je commence un projet, j’ai surtout une ambiance en tête – une sorte de moodboard. Je cherche la personne capable de le concrétiser. Pour ce sujet, très complexe et très émotionnel, je voulais un dessin épuré, et surtout une vraie capacité à faire exister les visages. J’ai regardé en Europe, en Asie… J’ai découvert son travail, notamment sur Khiêm. J’ai compris qu’il saurait porter le sujet. Et quand je l’ai rencontré, j’ai aussi découvert quelqu’un de très informé et très conscient : ça a été déterminant pour la co-scénarisation du projet.

Etapes de travail

LABD : Concrètement, comment vous vous êtes réparti le travail ?

Djibril M.-P. : L’essentiel de la recherche terrain, c’est Anne-Marie qui l’a réalisée. Anne-Marie est venue chez moi et on a passé plusieurs jours à parcourir toute la documentation. On a essayé de « déconstruire » la grande mécanique, d’établir un schéma de concepts, trouver un fil narratif et repérer des images fortes. À ce stade, il n’y avait pas vraiment de division : on co-scénarisait. Ensuite, quand le schéma a été clair, on a réparti : Anne-Marie s’est concentrée sur les textes, et moi sur le visuel, mais toujours en discussion.

LABD : Dans une BD « classique », il y a souvent un scénario très découpé, puis le dessinateur exécute. Là, dans ce documentaire, j’imagine que le découpage est plus délicat à poser d’emblée…

Anne-Marie S.-C. : Moi, je fais du storytelling. Et c’est la première fois que je travaille avec quelqu’un avec qui c’était aussi fusionnel. Le mot peut paraître un peu kitsch, mais c’est vrai. D’habitude, je scénarise et j’oriente le découpage. Là, j’avais déjà « la mécanique » en tête, notamment les « trois murs. J’avais synthétisé les éléments, mais ensuite, tout s’est construit ensemble.

LABD : Justement. Cette synthèse autour de ces « trois murs » (NDLR : Les pays de départ, ceux de transit et ceux d’accueil), est-ce un concept qui existe déjà, ou est-ce votre propre grille de lecture ?

Anne-Marie S.-C. : C’est ma façon de comprendre le système. Il fallait enlever les « écrans de fumée ». On parle tous les jours des migrants, de l’immigration, dans tous les médias, mais rarement de la mécanique qui produit et organise tout ça. Or, quand on décortique, beaucoup de systèmes sont plus simples qu’ils n’en ont l’air. Prenez l’exemple du prix du pétrole, on peut remonter la chaîne et voir où ça mène.

LABD : Et appliqué à la migration ?

Anne-Marie S.-C. : À Calais, en prenant le temps d’observer, j’ai repéré trois « murs » très concrets. Ils sont géographiques et concernent à chaque fois trois pays clés. J’ai compris qu’à chaque étape, les pays d’accueil interviennent : d’abord en contribuant à créer des déplacements par des choix géopolitiques ou économiques, puis en orientant ensuite la trajectoire vers toujours plus de dureté. Finalement, cela donne une direction : une cruauté de plus en plus structurée envers les personnes migrantes.

LABD : En ouvrant l’album, je m’attendais à la Méditerranée… et les premières pages nous emmènent aux États-Unis. Pourquoi ce choix ?

Anne-Marie S.-C. : Parce que la planète est « à aire ouverte » : les dynamiques se répondent d’un pays à l’autre. Je connais très bien les États-Unis, donc c’était un point d’entrée qui m’était naturel.

LABD : Sur le traitement des personnes qui franchissent les frontières : Europe fait-elle vraiment mieux que les États-Unis, ou est-ce la même logique de violence – avec des formes différentes ?

Anne-Marie S.-C. : Sur le fond, il n’y a pas de différence : la logique est la même. Les États-Unis ont poussé très loin certaines pratiques et, malheureusement, ils ont aussi « donné l’exemple ». Cela dit, il faut nuancer : par exemple, l’accueil des réfugiés ukrainiens a été différent dans plusieurs pays européens. Mais en France, notamment à Calais, avec la politique du « zéro point de fixation », j’ai vu une cruauté très intense, qui ressemble beaucoup à ce qui se passe aux États-Unis. En même temps, on tenait à montrer qu’il existe des contre-exemples. À Lampedusa en Italie, l’accueil a été remarquable. Les habitants ont même été proposés pour le prix Nobel de la paix.

LABD : Donc ce n’est pas « blanc ou noir » : il y a des marges de décision.

Anne-Marie S.-C. : Exactement. Le camp de Mória en Grèce, notamment avec son incendie, a démontré vers quelle tendance on va, ça si cela continue. La prise en charge est déshumanisée.

Djibril M.-P. : Le titre, La Grande Mécanique, renvoie justement à un système mondial. Les modalités changent d’un pays à l’autre, mais la logique reste la même : des forces économiques et politiques poussent partout dans le même sens. Tous les pays ne sont pas au même stade de violence, mais la tendance, elle, est comparable.

Anne-Marie S.-C. : Ce mécanisme se retrouve aussi « chez nous » : on attribue beaucoup de maux sociaux aux migrants. Ils deviennent des boucs émissaires. Ça résonne fortement, y compris dans des zones où il y en a très peu. Par exemple, la crise du logement : on entend souvent « c’est la faute aux migrants ». Mais dès qu’on creuse un minimum, on voit que ça n’a pas grand-chose à voir ; il y a surtout des blocages sur l’offre de logements vraiment abordables. Et ça touche tout le monde.

LABD : La couleur, justement : vous lui donnez quelle fonction dans l’album ? Aviez-vous une palette définie dès le départ ?

Anne-Marie S.-C. : On ne voulait pas faire prêchi-prêcha. D’où l’utilisation du Rubik’s Cube dans la BD. C’était une allégorie pour démontrer que rien n’est simple et que chaque action a une conséquence. Quand dans l’album on évoque la terreur, la peur de perdre, de voir souffrir ceux qu’on aime, on a utilisé le chat d’un des protagonistes pour démontrer que tous les êtres vivants souffrent et pour essayer de rester le plus symbolique possible.

Les étapes de créations d’une page

Croquis ©Djibril Morissette Phan
Crayonné ©Djibril Morissette Phan
Encrage ©Djibril Morissette Phan
Couleur ©Djibril Morissette Phan

LABD : Cela démontre qu’il n’y a pas d’échelle de valeur dans le malheur.

Anne-Marie S.-C. : Effectivement. On amène des faits dans la partie que nous appelons le debunking. On a essayé vraiment de ne pas faire « Ceux qui savent versus ceux qui ne savent pas ».

LABD : Doan, vous accompagnez votre fils à Lausanne, pouvez-vous vous présenter ?

Doan Trang Phan : J’étais parmi cette vague de « boat people » vietnamiens. J’ai quitté mon pays à la fin de l’année 1979. Le bateau avait chaviré. On a recommencé en janvier 1980, et là ça a marché. J’ai vécu trois mois dans les camps de réfugiés, notamment en Indonésie, avant d’être accueillie par le Canada.

LABD : Trois mois semblent un délai presque « raisonnable »

Doan TP : Il y a une histoire qui explique cela, tandis que d’autres ont passé entre deux et trois ans dans ces camps-là. J’avais menti sur mon âge, je disais que j’avais 11 ans alors que j’en avais 15. À cette époque-là, à 15 ans, on était considéré comme un adulte qui a des responsabilités envers sa famille. Si je n’avais pas menti, je n’aurais pas reçu l’éducation que j’ai eue. Ma trajectoire aurait été différente. Avec la technologie d’aujourd’hui, je n’aurais pas réussi.

LABD : En 50 ans, pensez-vous que la migration a évolué ? Est-ce que votre histoire serait encore possible ?

Doan TP : Ce que je constate, c’est que la cruauté s’est également renforcée avec le développement technologique. Mais, il y a une constante qui persévère, c’est l’humain. Il y a des gens qui sont encore capables d’aimer leur prochain. À l’époque, mon mensonge est passé car l’officier de l’immigration canadienne – qui était pourtant un spécialiste des enquêtes – qui faisait face à cette jeune fille de 15 ans qui lui disait qu’elle en avait 11, n’a pas cherché à fouiller plus loin. Même sans la technologie, il savait que je mentais. Son humanité a déterminé que la place de cette enfant était à l’école et non pas dans un camp de réfugiés. Cette bienveillance existe encore.

LABD : Dans l’album, il y a une dimension économique liée à la migration. La première séquence concerne la vente du plasma des migrants… Il y a ceux qui se font de l’argent sur le malheur…

Anne-Marie S.-C. : La migration est l’une des plus grandes sources de profit économique. Déjà, en fermant toutes les routes sécuritaires, on a créé une industrie avec les réseaux de passeurs. C’est gigantesque, et elle ne peut pas fonctionner sans l’autorisation tacite ou non des autorités. Tout le monde le sait. On ferme une route, c’est une autre qui s’ouvre.

LABD : Et les migrants ne cessent de perdre sur tous les tableaux lorsqu’ils sont renvoyés…

Anne-Marie S.-C. : En Angleterre, s’il est arrêté, le migrant se fait immédiatement déporter en France. S’il parvient à s’échapper, il tombe à nouveau dans le réseau des passeurs avec les conséquences financières qu’il doit supporter. S’il est renvoyé en Libye, c’est pire. C’est à chaque fois plusieurs milliers d’euros qui sont dépensés pour le voyage.

Djibril M.-P. : Il y a l’exploitation économique des migrants sur les routes, mais il y a aussi une racine : celle qui permet à des pays riches d’avoir accès à une main-d’œuvre bon marché. Parmi les migrants, il y a les travailleurs. Cet aspect-là précède le départ d’un migrant de son pays. Donc quand on évoque la grande mécanique, on parle d’un système économique.

LABD : Il y a une grande hypocrisie derrière tout ça…

Anne-Marie S.-C. : Au Québec, on a officiellement peut-être 20 000 sans-papiers ou en attente de visa. Mais en réalité, on a 500 000 travailleurs migrants qu’on accueille et qu’on renvoie. Si vous allez au Texas, il y a certaines portes qui sont restées ouvertes exprès. Elles fournissent les travailleurs agricoles ou les domestiques, bref, tout ce qui est obligatoire au maintien du confort capitaliste.

Djibril M.-P. : Je pense qu’il y aurait eu moyen d’aborder le sujet de mille et une manières. Nous avions également une intention artistique. On voulait aller plus loin que ce que d’autres ont pu réaliser sur le sujet. Cette démarche visuelle était une manière de pousser le curseur de la compréhension du système migratoire. C’est un peu prétentieux de le dire ainsi, mais on voulait casser quelques codes.

Anne-Marie S.-C. : Comme nous ne sommes pas des migrants, on ne voulait pas s’approprier des voix qui n’étaient pas les nôtres, d’en faire des dialogues entièrement fictionnalisés. Ça aurait été non éthique, d’où cette volonté de se placer du côté des mécaniques des pays d’accueil.

Djibril M.-P. : Si on s’était arrêté à l’approche de la BD documentaire, ça aurait été essentiellement Anne-Marie qui raconte son histoire. On ne voulait pas le faire. L’intention de La Grande Mécanique était d’universaliser notre propos, à partir de plusieurs exemples issus des recherches de terrain.

LABD : Cela vous permet-il une plus grande liberté artistique après ? D’être moins cadré par un scénario ?

Djibril M.-P. : Ben je pense que oui, dans le sens où, c’était une opportunité de développer un langage visuel différent de ce que j’avais fait par le passé. C’était un peu plus le côté innovateur par rapport à mon travail personnel qui m’intéressait.

Anne-Marie S.-C. : Mais ça nous a donné quand même une forme de liberté. On a intégré des vignettes ou des illustrations totalement différentes des codes habituels. Ce sont des espaces de réflexion plus humains.

LABD : Ce sont des pages très colorées.

Anne-Marie S.-C. : Oui, c’est bien ça. Celles-là. Cela nous permettait d’aller aussi à un autre niveau qui n’était pas directement dans le fil, de casser le fil narratif. Quand la mère d’un des protagonistes est annoncée morte, on a atteint une autre dimension avec ces illustrations hors cadre.

Djibril M.-P. : Pour moi, ça fait partie du langage visuel qu’on a développé spécifiquement pour ce projet-là.

LABD : Quel a été l’accueil du public ?

Djibril M.-P. : À date, nous avons rencontré des interlocuteurs qui étaient plutôt de notre côté. Nous n’avons pas encore rencontré de trolls qui auraient donné lieu à une confrontation. La réception a été positive. Même si j’ai quelques personnes qui n’étaient pas convaincues par notre argument, on constate que c’est une bande dessinée qui ouvre le dialogue.

LABD : Vous avez eu un retour critique mais « honnête » qui vous a surpris ?

Anne-Marie S.-C. : Il y a des gens que je connais depuis 35 ou 40 ans qui disent « Moi, je ne suis pas raciste, mais les femmes voilées je ne suis plus capable. » Avec La grande mécanique, nous avons ébranlé quelques certitudes. Les injustices sur les populations migrantes sont criantes, notamment avec l’ICE aux États-Unis. La population aussi bouge. On arrive au bon moment avec les bons arguments. On ne changera peut-être pas complètement le monde, mais on contribue à ce que les discours politiques soient vus différemment. Il y a des endroits où il n’y a presque pas de migrants, puis il y a quand même une crise du logement.

LABD : Est-ce qu’en travaillant sur un tel sujet, on arrive à avoir foi en l’humanité ?

Anne-Marie S.-C. : C’est exactement la question que posait la série Squid Game. Lors de la dernière saison, la personne qui réalise la grande mécanique de Squid Game pose exactement cette question à celui qui gagne. Après tout ce que tu as vu, est-ce que tu crois encore à la nature humaine ? La réponse est : « oui, forcément. » Dans la BD, en Libye, il y a des soldats qui violent et trafiquent, mais on a également des soldats qui vont dans le désert avec des bouteilles d’eau. Si on ne croyait pas à la nature humaine, ça ferait longtemps que les humains seraient éteints.

Djibril M.-P. : Je suis moins confiant dans la nature humaine. Elle comporte trop de comportements individualistes incitant à la compétition. Intimement, je pense que le souci réside plutôt dans le système dans lequel on vit. Il valorise la prédation et l’individualisme. C’est cette dualité qui constitue la nature humaine. L’optimisme me semble plutôt être un choix politique. On n’améliorera rien si on ne décide pas de le faire. Politiquement, c’est mon devoir d’avoir de l’espoir, d’avoir une forme d’idéalisme, que les choses peuvent aller mieux. C’est par l’action collective qu’on peut changer les choses.

LABD :  Merci à tous les deux pour cet échange.

Propos recueillis par : Bruce Rennes

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