Dès que le printemps montre le bout de son nez, les myosotis étirent leurs pétales, les mésanges charbonnières zinzinulent en chœur et les chérubins sautillent dans l’air doux comme des lapinous sortant de leur terrier, excités par la fin de l’hiver. Et parlant des lapins, les voici qui bondissent de trèfle en trèfle, leurs longues oreilles dans le vent. Mais attention aux renards rusés, qui eux non plus, n’ont pas posé un lapin au printemps…. Et si vous n’avez pas envie d’une histoire qui finit en peau de lapin, et que vous avez moyennement envie qu’un vil goupil déguste un civet saignant devant vous, bref, que la nature, ce n’est pas trop votre truc, voici une sélection de bandes dessinés pour profiter de ces petits mammifères tout doux sans risque de croiser un chasseur…
Le Rêve du Papillon, une série de quatre tomes, de Richard Marazano et Luo Yin, aux éditions Dargaud
Perdue en montagne alors qu’une tempête fait rage, Tutu trouve refuge dans une petite grotte. À son réveil, la jeune fille se retrouve dans un monde où tous les habitants sont des animaux anthropomorphes, et dans lequel on l’accuse « d’être une petite fille ». Alors qu’elle tente de s’intégrer par obligation, l’empereur du coin la fait surveiller par sa police secrète. Mais cette dernière, composée d’une bande de lapins peureux et pas très futés, va plutôt aider la demoiselle. Au fil de l’histoire, Tutu va même se prendre d’affection pour ces êtres qui vont lui servir de guide dans les rues de la cité, au point de devenir des personnages importants dans l’histoire.
© Dargaud – Le rêve du papillon tome 2 – Richard Marazano et Luo
Voyage de Malade, un one-shot de Josephine Mark, aux éditions Gallimard BD
Ce voyage de malade est un road trip comme il n’en existe pas d’autres. L’un des deux voyageurs n’est autre qu’un …. petit lapin malade ! Et pour échapper au chasseur, c’est un loup qui les a pris, lui et sa perfusion, sous son aile, ou plutôt sur son scooter. Car bon, le civet lui a sauvé la vie, hein, et pour les loups, c’est une vie pour une vie. Donc le canis lupus va tout faire pour que le lapin prenne bien tous ses médocs, et puis qui vivra verra… un vrai petit conte de 184 pages, qui raconte la maladie, la peur de la mort, mais aussi de l’amitié et des liens salvateurs qui permettent de ne pas être seul à porter son fardeau.
© Gallimard BD – Voyage de malade – Joséphine Mark
The Lapins Crétins, série de Dab’s, Thitaume, Thomas Priou, Romain Pujol et d’autres, aux éditions Glénat
Bwah bwaaaah bada baa bwah ba bwah ba ba bada bwah ! Bwaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaah … Ba da bwah ba ba bada bwah bwah bwah houba bwah bada ba ba da bwah. Bwah bada bwaaaah baa bwah ba ba bwah bada ba bwah. Bwah bada baa bwah ba bwah ba ba bada bwah bada bada bada bada bada. BWAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAH!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!
©Glénat / Ubisoft – The lapins crétins tome 18 – Dab’s et Thomas Priou
Watership Down, comics de Joe Sutphin et James Sturm, d’après le roman de Richard Adams, aux éditions Monsieur Toussaint Louverture
Si sur la couverture du livre, le lapinou mignon semble prédire une aventure poétique et enfantine, détrompez-vous, Watership Down est en réalité une odyssée des plus sportive. Chassée de son foyer, la fluffle (troupeau de lapin à l’état sauvage) n’a d’autres choix de s’exiler vers une terre promise. Les dessins fantastiques aux couleurs vives et une histoire qui rappellent celle de La Guerre des Clans conquerront bon nombre de lecteurs de BD animalières ayant un fond écologique, et tous les amis des bêtes en général.
© Watership Down – Joe Sutphin, James Sturm d’après Richard Adams – Monsieur Toussaint Louverture – 2025
Globule, manga de Mamemoyashi, aux éditions Soleil
Pensez-vous que seuls les auteurs ayant comme compagnon à quatre pattes un chat ou un chien partagent leurs facéties ? Perdu! Globule, du nom de l’animal fraîchement adopté, raconte la rencontre et l’adoption d’une lapine et de son nouveau maître. Des questions de son humain à la découverte de son nouveau territoire, rien n’est oublié. Le manga se présente en petits gags, certes déroutants par l’agencement des cases, mais cela permet de montrer la vie de lapin d’appartement sous forme de chapitre. Entre humour et mignonnerie, quelques anecdotes sur les oryctolagus cuniculus intéressantes pour qui aime ces petites bestioles.
© Soleil – Globule
Le Lapin des Baskerville, par Pierre Mortel et Anaïs Dumas, aux éditions Pataquès
Un lapin qui se pense semeur de terreur, un poussin gigantesque, ou encore un escargot et une limace accros aux champignons douteux, voilà ce qui constitue le drôle de bestiaire des landes et marais. Entre clins d’œil à différents univers de la pop culture et des vannes plus qu’originales, l’histoire fera de temps à autre place à des sujets plus actuels, comme la drogue. Quoi qu’il en soit, il y a de quoi passer un bon moment aux côtés de cette bande loufoque.
©Delcourt (Pataquès) – Le Lapin des Baskerville – Pierre Mortel et Anaïs Dumas
Il existe évidemment bien d’autres titres avec des bouffeurs de carottes. Dans Un bébé à Livrer, l’un des livreurs désignés volontaires est un lapin très crétin. Dans Super-Sourde, Cece Bell se représente sous les traits d’un animal à longues oreilles pour parler de sa surdité et de son enfance. De l’autre côté de l’Atlantique, suite à une attaque qui a mal tourné pour les super-héros DC, les habitants de la Terre se font transformer et animaux, et Harley Quinn apparaît alors sous la forme d’un lapin monstrueux dans quelques pages de Dawn of Titan tome 2, alors que Nightwing est métamorphosé en lapin par inadvertance dans l’épisode 54 (en V.O.) du Webcomics Batman : Wayne Family Adventures(traduit en français, et dont les premiers épisodes ont été publiés en livres). Les rabbits, de Sti, et Boni, de Ian Fortin, content le quotidien de deux familles lapinesques. Avec Lapino, les lecteurs suivent des aventures rocambolesques. Enfin, les auteurs de Brume cachent dans les pages de leurs albums un lapin au frais minois. Sauriez-vous le trouver ?
© Les Arènes BD – Super-Sourde – Cece Bell
Après une bonne dégustation de civet, oups pardon, de BD, quoi de mieux que de jouer les chauds lapins, car après tout, le printemps est la Saison des Amours. Mais pour ceux qui préfèrent vraiment la lecture plutôt que le sport, ce qui est facilement concevable, quelques autres sélections vous attendent sur notre site. Promis, on ne vous prend pas pour des lapins de six semaines, les chroniques des Amis de la Bande dessinée valant bien leur pesant de carottes.
Sélection écrite par Séréna MORCIANO
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